Pour la CFDT Education Auvergne, les objectifs des classes défense et sécurité globale doivent rester clairement éducatifs, construits avec exigence et dans le respect des missions de l’École.
La multiplication actuelle des classes défense et sécurité globale ne doit pas conduire à des projets éducatifs bâclés, imposés ou déconnectés des réalités des établissements. Il est hors de question pour la CFDT Education Auvergne de militariser l’École ou la jeunesse.
Nous sommes favorables aux dispositifs permettant une participation volontaire des élèves. Il est indispensable, dans le cas contraire, que les élèves et familles soient informées en amont par l’établissement de la participation de leur classe à ce dispositif. Les enseignants impliqués doivent être volontaires. Ils doivent rester libres de contribuer à créer ou à poursuivre leur participation à une classe défense et sécurité globale
Des projets transparents et maîtrisés
Nous refusons de laisser aux militaires les clés de l’École. Par ailleurs, les classes défense et sécurité globale ne peuvent pas être des dispositifs plaqués artificiellement sur les établissements. Nous pensons qu’un projet sérieux doit être abouti, adapté aux possibilités de partenariat du territoire, et construit dans un cadre clair.
La création d’une classe Défense au sein d’un établissement doit faire l’objet d’un consensus au sein de la communauté éducative. Il se traduit par l’examen et l’approbation en conseil d’administration de la convention de partenariat triennale. Elle doit préalablement faire l’objet d’une présentation et d’échanges en conseil pédagogique. Un bilan, en conseil pédagogique et en conseil d’administration, des activités réalisées en fin d’année scolaire et une présentation des projets de l’année suivante nous semblent nécessaire.
Nous pensons également que le trinôme académique doit exercer une vigilance réelle sur le contenu des activités, avec un rôle central pour le délégué académique à l’éducation à la Défense.
La création de classe Défense peut permettre d’accéder des subventions pour en financer les activités. Mais le moyen ne doit pas devenir un objectif : les difficultés de financement des sorties scolaires ne peuvent être un prétexte ou la seule motivation de création d’une classe Défense.
Vigilance face aux dérives
Nous sommes conscients que des dérives sont possibles pour ces dispositifs. Un dérapage grave et inacceptable a été signalé par la presse dans une autre académie. Nous sommes opposés aux activités dites « immersives » qui pourraient franchir des lignes rouges. Les élèves ne doivent pas être placés en situation de militaires, de forces de l’ordre ou de surveillants pénitentiaires en opération, ni revêtir des tenues militaires ou uniformes, ni évidemment, manipuler des armes. Pour nous, de telles pratiques posent une question simple : que cherche-t-on à transmettre aux élèves ? L’éducation à la citoyenneté ne peut pas reposer sur de telle mise en scène de la force, voire de la violence. Elle doit au contraire former des jeunes capables de discernement, de recul et d’esprit critique.
Nous revendiquons une stricte application des instructions contenues dans le Vademecum des classes de Défense :
« Si les classes de défense sont un moyen efficace de contribuer au lien armées jeunesse et, si elles permettent de faire découvrir aux élèves les métiers dans différents domaines de la défense et de la sécurité, elles ne sont pas un moyen pour « militariser » l’enseignement, ni un vecteur de recrutement précoce. Il convient d’être très attentif à ce point. ». (encart en bas de la page 6)
Nous sommes opposés à une éventuelle extension du dispositif des classes Défense au premier degré compte tenu de la maturité des élèves. Nous rappelons que le Code de l’Education rend obligatoire l’enseignement de la Défense mais le réserve aux élèves du second degré.
Un instrument d’enseignement civique et de découverte des métiers
Nous soutenons les visites de sites d’histoire et de mémoire, la participation des jeunes à des cérémonies commémoratives mais aussi la présentation des métiers de la défense. Nous pensons aussi qu’il est utile de faire rencontrer aux élèves des personnes engagées, qu’elles portent un uniforme ou qu’elles agissent dans une association, dès lors qu’elles exercent un métier ou un engagement au service des autres.
Nous affirmons la nécessité de transmettre les valeurs civiques et la mémoire nationale. Nous insistons sur l’importance de la mixité au sein des classes défense et sécurité globale. Nous sommes convaincus que l’Ecole doit former des citoyens lucides et responsables.
Des limites claires à poser
Nous refusons toute apologie de la force et de la violence. De manière complémentaire aux classes Défense, l’École doit aussi apprendre aux élèves qu’il existe des alternatives non violentes au règlement des conflits. C’est une exigence éducative essentielle, dans un monde traversé par des affrontements géopolitiques sans précédent.
Nous voulons une Ecole qui regarde la réalité en face, sans naïveté, mais sans céder à la fascination pour l’univers militaire.
L’École doit rester un lieu d’émancipation, de réflexion et d’ouverture. Les classes de Défense doivent y contribuer en privilégiant les initiatives locales ancrées sur un territoire, le volontariat des élèves et des équipes, un partenariat clairement établie avec les unités militaires ou les forces de sécurité, dans le respect des missions de l’Ecole.