Ce lundi 23 avril à 15 heures, la Secrétaire Générale du Sgen-CFDT Auvergne et Julie TB ont rencontré Mme PEYROL afin d'aborder les revendications du Sgen-CFDT pour l'Education Nationale et plus largement de l'UFFA-CFDT pour les fonctionnaires en général.
Nous avons donc rencontrer Mme PEYROL afin d’aborder différents points chers au Sgen-CFDT mais aussi à l’UFFA-CFDT concernant les fonctionnaires pour faite suite à la mobilisation du 22 mars et à celle attendue le 22 mai. En effet les réformes engagées par le gouvernement ne vont pas dans le bon sens pour la CFDT par différents aspects :
Tout d’abord concernant le projet de Réforme Des Fonctions Publiques Action Publique 2022 : la CFDT est attachée au dialogue social. Elle ne veut pas la fusion des instances représentatives et veut acter le fait que le CT est une instance qui devrait être plus que consultative. Les OS devraient pouvoir en cas de vote contre les propositions de l’administration, proposer un nouveau projet, un nouveau texte, et ne pas attendre que l’administration le fasse. Les représentants des personnels devraient pouvoir montrer leur potentiel de négociation, de réflexion collective et montrer qu’avec les contraintes imparties, ils peuvent arriver à un dialogue, à un consensus.
La culture du dialogue social n’est pas assez présent dans la Fonction Publique, encore trop verticale. C’est un véritable changement de culture à opérer.
De même le dialogue de proximité est balbutiant alors que certaines propositions que nous faisons sont peu coûteuses en moyens humains ou budgétaires (exemple groupe de travail sur la simplification des tâches des directeurs d’école). Cela pourrait redonner confiance aux agents dans leur administration qui aurait entendu leurs remontées et également montrer que les OS obtiennent des changements pour améliorer les conditions de travail des agents.
Les agents sont attachés à leur mission, l’accomplissent du mieux qu’ils peuvent avec l’envie de créer plus de cohésion sociale, mais à quel prix….Les agents sont des richesses
Dans ce projet Action Publique 2022, le Sgen-CFDT a souhaité rappeler son regret de report du PPCR, de l’agenda social en général (discussions sur les rémunérations, l’égalité professionnelle, la protection sociale complémentaire). Nous avons abordé l’importance du cadencement unique mais revalorisé pour les personnels. Nous ne pouvons pas évaluer les enseignants ou les équipes sur des objectifs comme dans le privé pour différents raisons (travail en équipe, collaboration et non opposition des personnels entre eux, travail avec de l’humain, hétérogénéité des missions postes et situations…..)
Il a réitéré son rejet du recours aux contractuels, peu formés, précaires, son regret de l’abandon de la loi Sauvadet cette année, même si pas complètement satisfaisante. Ce recours aux contractuels pose différents soucis également en terme de mutation, de référentiels de compétences (sont-ils identiques aux titulaires ? )….Il montre en tous cas, que certaines missions doivent être reconnues et pérennisées, qu’une réflexion doit s’engager sur la mobilité professionnelle et sécurisation des parcours des agents entre administrations mais également vers le privé (seconde carrière, réelle mise en place du CPF…) mais également sur la mobilité géographique (mouvement bloqué, personnels à nouveaux profils ayant fait des études longues, ayant déjà une vie privée construite, attractivité de certains territoires).
La CFDT a également rappelé que le plan de départ des fonctionnaires doit être UNIQUEMENT sur la base du volontariat.
Nous avons également abordé la réforme du lycée que nous trouvons pas assez systémique, pas assez formatrice pour les jeunes : finalement cela revient à garder plus ou moins les séries existantes. Pourquoi les Lycées Technologiques et Professionnels n’ont pas été également réformé dans le même temps ? Nous avons alerté la Député sur les craintes des personnels quant à la mise en place de Parcoursup : réels moyens pour les personnels des universités et écoles d’étudier les lettres de motivation et mettre en place les formations demandées en face ?, recours des familles aux officines privées pour les écrire, car les professeurs principaux, même dédoublés et avec toute la volonté du monde, se voient des tâches annexes rajoutées…
Nous avons exprimé nos craintes sur les suppressions des CIO et DRONISEP : avenir des personnels ?, des missions ? (recours des adultes à l’orientation dans le cadre de la formation tout au long de la vie : où pourront ils trouver ces informations ? idem pour les parents ?)
Ensuite nous avons évoqué les difficultés croissantes de l’école inclusive : manque de moyens humains (ASEH formés, à temps plein sur des emplois pérennes) et matériels (temps pour les concertations des équipes pluridisciplinaires, réflexions pédagogiques..). Que faire des souffrances des personnels attachés à leurs missions mais ne pouvant pas y répondre de manière satisfaisante ? : manque de temps pour élaborer les stratégies pédagogiques, peu de formations, discours différents entre professionnels, trop de délai, trop d’administratif….Manque de disponibilité des Conseillers Pédagogiques et des IEN, eux aussi submergés par les tâches multiples.
Pourtant nous ne parlons pas que des élèves ayant des notifications MDPH, ou des orientations en ULIS mais également des élèves à besoins particuliers (dys-…., difficultés sociales, culturelles, psychologiques…). Comment répondre au mieux à ces demandes qui grandissent ? Malgré l’alerte sociale déposée par le Sgen-CFDT, aucune réponse concrète n’a été apportée.
De même, attaché au Rep et Rep + , le Sgen-CFDT déplore que certains dédoublements en CP/CE1 se soient faits à moyens constants surchargent certaines classes ou niveaux et perturbent même la carte scolaire dans certains départements où des pertes d’effectifs se font sentir.

Les enseignants du Premier Degré ont besoin de reconnaissance de leur professionnalisme mais aussi de soutien humain et n’ont pas accepté les propos tenus dans les circulaires Blanquer : ils tiennent à leur liberté pédagogique pour répondre à leurs missions, former des citoyens. Où se situent alors le rôle des IEN et Conseillers Pédagogiques si tout est dicté de manière si directive ?
Les enseignants en général ainsi que les autres personnels de l’EN recherchent cette reconnaissance humaine, et financière car ils sont attachés à leurs missions et sont épuisés des réformes successives qui s’enchaînent sans réelle évaluation (exemple EPI, PDMQDC) , sur un temps long permettant d’avoir une vision plus globale et concertée. Cela leur demande beaucoup d’énergie, de temps et perdent parfois pied.
Nous avons apporté des témoignages réels du terrain : professeur d’Espagnol victime de Harcèlement, documentaliste en burn-out suite au retrait d’un emploi aidé, professeur de collège en arts plastiques essayant d’intégrer au mieux des élèves d’ULIS, Professeur des Ecoles pris entre différents avis pour mettre en place un parcours personnalisé, Professeur des Ecoles ne pouvant muter…
Nous avons offert à Mme La Députée le Livre l’Autre Trésor Public.
Nous espérons que Mme La Députée fera remonter ces remarques et réagira en fonction lors de sa prise de décisions.