Mobilisations lycéennes : ce que la CFDT Éducation Auvergne en pense

Nous nous réjouissons que la journée de mobilisation lycéenne du 6 octobre se soit déroulée sans violence notable. Cette journée a été un succès d’abord grâce aux lycéens eux-mêmes mais aussi grâce à la participation de nombreux parents, enseignants et militants syndicaux.

La CFDT Éducation Auvergne partage la très grande majorité des revendications lycéennes : classes surchargées, bâtiments inadaptés au changement climatique, sous-investissement chronique dans les politiques de jeunesse, manque de personnels enseignants, éducatifs, de santé et sociaux…

Ces jeunes subissent des crises à répétition qui s’accumulent et s’emboîtent. Nous ressentons chez nos élèves une angoisse, un malaise générationnel qu’ils ne réussissent pas toujours à exprimer. Il nous semble que leur mobilisation révèle aussi ces peurs et interrogations. La jeunesse a besoin de perspectives, d’être écoutée, entendue et nos gouvernements l’ignorent depuis bien trop longtemps.

Nous appelons les personnels à soutenir la mobilisation des lycéens, y compris par la grève.

Il est pour nous insupportable que des jeunes soient pris pour cible parce qu’ils vont manifester. Nous sommes sidérés par ces violences policières et demandons aux autorités de sanctionner de façon exemplaire les coupables d’infractions aussi graves à la déontologie des forces de l’ordre. Nous sommes également choqués par la violence exercée contre nos collègues à l’occasion de blocages, intrusions, agressions depuis la semaine dernière. Nous exprimons notre solidarité, en particulier aux personnels de direction et de vie scolaire.

La CFDT Éducation Auvergne condamne l’ensemble de ces violences.

Nous ne sommes pas les porte-paroles des lycéens et nous ne croyons pas que notre rôle soit d’encadrer leur mouvement. Les lycéens sont assez grands pour décider quoi dire et comment le dire.

Cependant pour gagner, nous pensons que ce puissant mouvement social devra durer, sans être submergé par la violence. Il devra par conséquent se structurer et se choisir des représentants. Nous souhaitons que cette mobilisation soit la matrice d’un engagement civique d’une génération Z trop souvent dénigrée.

Organisation attachée depuis toujours à la délibération, la CFDT Éducation Auvergne a eu besoin de temps pour débattre en son sein, et construire une position collective qui tienne compte de notre diversité de métiers. Nous refusons de chercher le buzz en réagissant dans la tyrannie de l’instant et de l’émotion.

Comme l’a dit Marylise Léon, notre secrétaire générale lors du congrès de la CFDT en juin à Bordeaux nous pensons que « la vraie radicalité aujourd’hui, c’est d’assumer la nuance ».