CAPA des agrégés du 23 janvier 2019

Le Rectorat a organisé l'installation de la CAPA des agrégés de Clermont-Ferrand issue des élections de 2018. Nous avons saisi l'occasion pour dire au Recteur notre refus des heures supplémentaires et notre opposition à cette réforme du lycée. Ci-dessous notre déclaration liminaire

Au seuil d’un nouveau mandat, nous souhaitons continuer à travailler avec les services du Rectorat dans un climat de confiance et de responsabilité. Nous espérons que cette CAPA sera un véritable lieu de négociation et pas une coquille vide.

56 % de nos collègues ont participé aux élections de décembre 2018 : ce n’est pas encore suffisant mais la participation, en hausse de 5 points par rapport au scrutin précédent, démontre l’attachement de nos collègues à la transparence et l’équité dans les opérations de carrière.

Malheureusement, la politique menée au sein de notre ministère nous fait craindre une très grave dégradation à la fois des conditions de travail mais aussi de l’efficacité des services d’éducation. Nous avons retenu ici trois sujets d’actualité : les heures supplémentaires, la réforme du lycée et les rendez-vous de carrière.

Les heures supplémentaires.

En premier lieu nous voulons encore dénoncer ici l’insuffisance des niveaux de salaire. Chaque année l’absence de réévaluation du point d’indice provoque mécaniquement une érosion du salaire réel pour tous les fonctionnaires.

Dans ce contexte désolant, le ministère veut nous faire croire que l’accès à des heures supplémentaires est une forme de revalorisation de notre pouvoir d’achat.  Le ministère a l’intention de présenter au Comité technique ministériel du 30 janvier un décret portant création d’une deuxième heure supplémentaire obligatoire pour les enseignants du second degré. Le Sgen-CFDT s’oppose totalement à cette mesure.

Selon nous, cette revalorisation doit  passer par un dégel du point d’indice, c’est-à-dire l’augmentation de la rémunération sans augmentation du temps de travail.

La réforme du lycée.

Les lycées sont en train de recevoir des dotations qui annoncent une année 2019-2020 catastrophique pour beaucoup de nos collègues : moins de dédoublements, davantage d’élèves par classe, davantage de classes par professeur, donc davantage de copies et de travail invisible. Au moment où se profile cette nouvelle étape d’intensification du travail, le Sénat a adopté un amendement portant de un à trois jours le délai de carence pour les congés maladie.

Combien faudra-t-il de burn-out et d’arrêts maladie avant que notre ministère prenne soin de ses personnels ?

Les rendez-vous de carrière

Lors de la CAPN des agrégés du 16 janvier dernier, la totalité des élus des personnels a décidé de quitter la commission chargée d’examiner les recours formulés par les collègues après leur rendez-vous de carrière. Cet acte fort et rare est intervenu après que le ministère a voulu fixer des quotas de révision : il a considéré que la valeur professionnelle des uns est seulement possible au détriment des autres.

Le contingentement de la valeur professionnelle aboutit à des aberrations : des collègues ont obtenu « excellent » aux différents items ainsi que des appréciations élogieuses, mais, faute de quota suffisant, ont reçu seulement une appréciation finale « très satisfaisant » voire « satisfaisant ».

Cette gestion purement budgétaire ne peut que susciter incompréhension, amertume et découragement chez nos collègues. Les besoins de reconnaissance chez nos collègues sont immenses, et le ministère y répond par une gestion technocratique.

Nous sommes aux antipodes de l’Ecole de la confiance promue par notre ministre. Pour le Sgen-CFDT, il est urgent de passer de la communication à la réalité.